Proprioception
Pour stabiliser une articulation à l’aide du système musculosquelettique, le cerveau doit d’abord connaître sa position dans l’espace et par rapport aux autres articulations. Par conséquent, les exercices de proprioception visent à optimiser la transmission de l’influx
nerveux des articulations vers le cerveau.
Qualités musculaires
Une fois la position de l’articulation détectée avec précision par le système nerveux central, celui-ci l’ajuste en sollicitant les muscles. Or, ces derniers sont souvent déconditionnés et insuffisamment forts ou endurants pour accomplir cette tâche. Des exercices spécifiques doivent donc être
prescrits.
Le choix des exercices est crucial, puisqu’ils doivent favoriser le transfert des adaptations acquises vers les gestes et mouvements de la vie quotidienne. On parle alors d’entraînement fonctionnel.
Exercices cardiovasculaires
Les exercices cardiovasculaires doivent faire partie
intégrante du programme pour trois raisons.
Premièrement, ils sont essentiels pour fournir l’énergie nécessaire aux muscles. Sans énergie adéquate, même des muscles forts manqueront d’endurance, et l’articulation ne pourra être stabilisée efficacement lors des activités de la vie quotidienne.
Deuxièmement, l’efficacité du système cardiovasculaire est un déterminant majeur de
la capacité de récupération. Une récupération déficiente entraîne une augmentation de la fatigue, et la douleur est directement proportionnelle au niveau de fatigue.
Troisièmement, ce sont les exercices cardiovasculaires qui stimulent le plus les mécanismes opioïdergiques endogènes. Les opioïdes endogènes sont nos « morphines naturelles », c’est-à-dire des substances sécrétées par le système nerveux qui possèdent un effet analgésique
(antidouleur).
Gestion de la douleur à l’effort
La gestion de la douleur à l’effort est la composante la plus importante d’un programme de réadaptation en contexte de douleur chronique. En effet, peu importe la qualité de l’architecture du programme d’exercices, si la douleur à l’effort est mal gérée, l’intervention est vouée à l’échec.
L’outil central de la gestion de la douleur à l’effort est le point d’inflexion.
Un ou une intervenant(e) certifié(e) en réadaptation en contexte de douleur chronique (portant le titre d’IRDC) pourra vous enseigner cette technique.
Qu’en est-il des exercices d’étirement ?
Dans les cas d’arthrose, les exercices d’étirement sont généralement contre-indiqués.
L’idée d’augmenter la flexibilité des tissus afin d’accroître la mobilité articulaire est contre-productive, puisque l’articulation arthrosique est déjà instable. L’objectif est d’augmenter la stabilité de l’articulation, et non sa mobilité.
Lorsque les exercices de
musculation sont réalisés dans l’amplitude articulaire normale, il n’est pas nécessaire d’ajouter des exercices d’étirement pour maintenir la mobilité, même chez une personne ne souffrant pas d’arthrose.
On pourrait croire que les étirements peuvent soulager les raideurs matinales typiques de l’arthrose. Or, ces raideurs ne sont pas dues à un manque de flexibilité musculaire, mais plutôt à une altération du comportement non newtonien
du liquide synovial causée par l’inflammation associée à l’arthrose. En situation normale, le liquide synovial adapte sa viscosité au mouvement : il devient plus fluide lorsque l’articulation est sollicitée et plus visqueux au repos, assurant ainsi une lubrification optimale. Dans l’arthrose, l’inflammation modifie la composition de ce liquide, ce qui altère cette propriété adaptative. Après une période d’immobilité, le liquide synovial est alors moins efficace pour réduire les frictions, ce qui
se traduit par une sensation de raideur et d’inconfort lors des premiers mouvements.
Plus l’arthrose est sévère, plus l’articulation est instable, et plus les exercices d’étirement — ainsi que les activités reposant sur des amplitudes de mouvement extrêmes deviennent néfastes.
Ce phénomène est encore amplifié lorsque les étirements sont mal exécutés. En effet, certaines
personnes poussent l’étirement jusqu’à provoquer de la douleur, ce qui active un réflexe du système nerveux central (le réflexe myotatique) et favorise les spasmes musculaires, augmentant ainsi la douleur.